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La Belgique écrit les règles européennes de l'IA et héberge les lobbyistes qui les combattent

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Politique & RégulationEurope29 août 20263 min de lecture

Par Olkeri.space

La Belgique écrit les règles européennes de l'IA et héberge les lobbyistes qui les combattent

C'est à Bruxelles que se fait le droit européen de l'IA, ce qui fait de la Belgique l'adresse la plus importante politiquement du continent en la matière.

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L'importance de la Belgique en matière d'intelligence artificielle est politique plutôt qu'industrielle. Bruxelles accueille les institutions européennes qui écrivent les règles encadrant l'IA sur un marché de centaines de millions de personnes, et par conséquent tous ceux qui cherchent à les influencer.

Le centre réglementaire :

La Commission, le Parlement et le Conseil européens sont établis à Bruxelles, et le cadre européen de l'IA y a été négocié au fil d'années de pression intense de l'industrie, de la société civile et des gouvernements des États membres.

La ville abrite l'une des plus fortes concentrations de lobbyistes au monde, et la politique technologique compte parmi les domaines les plus travaillés par eux. De grandes entreprises technologiques américaines maintiennent à Bruxelles des équipes importantes spécifiquement dédiées à la réglementation européenne, et les fédérations industrielles européennes, les organisations de défense des droits numériques et les organismes de recherche font de même.

Pour quiconque déploie de l'IA en Europe, les décisions prises à Bruxelles déterminent ce qui est permis, quelle documentation est exigée et quelles sanctions s'appliquent. Cela fait de la Belgique l'adresse la plus lourde de conséquences en Europe, quoi que fassent les entreprises belges.

La Belgique accueille aussi le siège de l'OTAN, ce qui compte à mesure que les organisations de défense élaborent politiques et capacités en matière d'IA.

Le secteur national :

L'activité belge en IA est modeste mais réelle, avec une recherche solide à Louvain, Gand, l'UCLouvain et les universités bruxelloises. Louvain en particulier jouit d'une réputation de recherche reconnue à l'international, et le centre de recherche en nanoélectronique imec, dont le siège s'y trouve, est l'une des institutions de recherche en semi-conducteurs les plus importantes au monde.

Imec mérite d'être souligné : il mène des recherches avancées sur les puces en partenariat avec pratiquement tous les grands fabricants et équipementiers de semi-conducteurs du monde. Qu'un petit pays héberge un centre de recherche au cœur de la feuille de route technologique de l'industrie est un atout stratégique véritable.

Les usages se concentrent dans la pharmacie et les sciences de la vie, où la Belgique dispose d'une présence industrielle notable, ainsi que dans la logistique, vu l'ampleur du port d'Anvers, et les services financiers.

La chimie et les matériaux, deux industries belges importantes, appliquent l'apprentissage automatique à l'optimisation des procédés.

Les contraintes :

La division linguistique et administrative de la Belgique, avec des gouvernements régionaux distincts pour la Flandre, la Wallonie et Bruxelles, complique une politique nationale coordonnée. Le financement de la recherche, l'éducation et le développement économique sont largement des compétences régionales, ce qui produit plusieurs stratégies plutôt qu'une seule.

Le marché intérieur est petit, et les entreprises qui réussissent s'internationalisent ou sont rachetées.

Les coûts de l'énergie sont élevés, et le développement des centres de données est limité par rapport aux voisins.

Les perspectives :

Le rôle de la Belgique dans l'IA est d'être le lieu où se prennent les décisions et où se mène la recherche avancée sur les semi-conducteurs, deux positions d'influence sans commune mesure avec la taille du pays.

Ni l'une ni l'autre ne suppose que la Belgique bâtisse une grande industrie nationale de l'IA. Toutes deux supposent que les institutions européennes et les organismes de recherche qui s'y trouvent conservent leur importance, ce qui paraît acquis.